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L'Asphalte Magazine numéro 1, novembre 1996

 

Maxi Cross de Noisiel (77 Seine et Marne)

 

Dimanche matin, un chant d'oiseaux me fait ouvrir les yeux, une belle journée d'hiver s'annonce.
Effectivement le ciel est d'un bleu azur et le soleil resplendissant m'éblouit. Le froid est tout de même de la partie (-2°C)
La course a lieu à 11 heures 15, 11.6 km d'escapade dans le parc de Noisiel.
Arrivée sur les lieux, j'hésite entre mettre les chaussures à pointes, le terrain est gelé. Je décide finalement, sur les conseils de Pierre, de ne pas les mettre, le sol étant trop dur.
J'enfile donc mes chaussures qui ont fait trembler les Amériques et me voila sur la ligne de départ. Mais où est donc Corinne ? nous devions courir ensemble pour nous aider mais finalement un empêchement la retiendra au chaud sous sa couette.
Pierre et moi sommes donc les seuls représentants de l'ASCE France 2.
Le départ est donné, 200 personnes environ s'élancent sur ce parcours de 4 boucles très vallonnées. Pierre est déjà loin devant tandis que je démarre doucement. La première boucle se termine sans problème majeur, je la considère comme un tour de chauffe, cela permet aussi de pouvoir gérer son effort et d'analyser le parcours. La boucle de 3 km se définie ainsi: départ plat, puis une grande descente glissante pour récupérer, une côte boueuse à souhait et collante s'enchaîne sur un faux plat tranquille puis de nouveau le départ. A la fin de la 1 ère boucle je commence à regretter les pointes , le soleil a fait dégeler la terre et le sol est collant , mes chaussures pèsent une tonne. Mais c'est trop tard, je suis prête à patiner dans les côtes et marcher sur des oeufs dans les virages pour ne pas tomber. Un sens tactique s'opère en chacun des coureurs , nos neurones s'activent vivement afin d'éviter au maximum les surprises d'une glissade. Quia dit que la course à pied était pour les idiots ?
Au deuxième tour j'entend dire que je suis en 4éme position, ma motivation pour aller le plus vite possible s'enclenche à ses mots, mais où se trouve la 3ème ? Je cherche, et je finis par la repérer à 400 m devant moi environ. A ce moment là, je ne la quitte plus des yeux, je me rapproche d'elle progressivement jusqu'au moment ou je la vois, au 2ème tour, tricher en coupant sur une partie du parcours. Je suis furieuse et accélère. Elle craque dans la 3ème boucle et j'en profite pour la doubler dans la côte qui me coupe le souffle. Mais , ça y est je suis 3ème ! et rien ne doit m'arrêter. La 4ème boucle se termine difficilement, mais Pierre vient à ma rencontre, il vient de terminer son cross ( 8ème de sa catégorie vétéran et 33ème au classement général), il me tire sur la fin et cela me donne tout le courage pour finir en sprint. Je suis arrivée et je l'ai ma troisième place.
La sensation à l'arrivée d'un cross est toujours extraordinaire, le cross fait souffrir du départ à l'arrivée, alors une fois passer la ligne, c'est à la fois un soulagement et un plaisir fou. On vous donne une pomme , une rose pour les femmes , parfois une médaille. Le cross est fini ,on se sens bien, vraiment bien, avec le sentiment d'avoir presque rattrapé le temps qui défile.
Le cross est une épreuve , que j'adore parce que de courir dans les bois , sur un terrain de terre ou d'herbe me rapproche d'une mère nature qui me réveille les sens. Je conseille à tous les amoureux de la nature et de la course à pied de s'essayer une fois sur un cross.
A bientôt, sur les chemins ou route de France et de Navarre.


Isabelle