C'est le dimanche 19 Juillet ...1896 qu'eut lieu entre la Porte
Maillot et ConflansSainte-1-lonorine le premier marathon de Paris. La petite
histoire rapporte que le Britannique Len Hurst après avoir absorbé
une orange pressée puis... une coupe de champagne vers le 30ème
Km faussa compagnie à ses adversaires pour boucler en 2h31'30" les
40 Km d'une épreuve à laquelle avaient pris part 191 athlètes.
D'autres éditions eurent lieu dans les dix années suivantes et
l'on relève encore en 1935 une liste de prix attribués aux dix
meilleurs du marathon de Paris organisé par le journal l'Auto comprenant
une motocyclette pour le vainqueur, une T.S.F., un phonographe, une jumelle,
un stylo... La pratique du marathon dans la capitale ne date pas d'hier on le
voit. II fallut toutefois attendre 1976 pour que l'avisé Raymond Lorre
alors président. de la section athlétisme du stade Français
et organisateur du meeting de Paris ne décide au retour d'un voyage à
New York de relancer la spécialité dans la capitale.
Au fil des années, Paris est entrée dans la cour des grands de
la course hors stade avec outre le marathon, un semi qui réunit fin mars
quelques 8000 coureurs et aussi des grands classiques, tel que les 20 Km (le
Paris et Paris-Versailles auxquels la ville ',apporte son soutien logistique.
Le 24 avril dernier, plus de 18 000 coureurs s'élançaient sur
la plus belle avenue du monde, les Champs-Elysées. Le parcours Suivait
les rives de la Seine, passait par les Bois de Vincennes et de Boulogne. L'arrivée
était jugée avenue Hoch.
18 000 coureurs, participation record pour cette dix-huitième édition.
Parmi eux, Isabelle, seule représentante de l'ASCI ,France2 Athlétisme,
qui allait boucler là son premier marathon. A sa précédente
tentative à Orléans, l'année passée, elle avait.
due abandonner, vaincue par le froid et. la blessure.
Cette fois, Isabelle va parcourir les dix premiers kilomètres jusqu'à
Porte Dorée, sans soucis. Après un détour par le bois de
Vincennes, elle atteindra sans problème le vingtième kilomètre
à l'autre bout du boulevard Poniatowski. C'est au trentième kilomètre
que le risque de défaillance va faire son apparition. Mais, un ravitaillement
bien venu va chasser l'hypoglycémie dont elle allait être victime.
Ainsi, toute rayonnante de joie, elle franchira, à l'arrivée,
les derniers mètres qu'elle qualifiera être les plus beaux et les
plus émouvants.
Dans les rues de Paris, le spectacle était superbe. Après le passage
des élites, c'est une interminable marée humaine de joggeur et
de déguisements sympathiques qui s'élançait à l'assaut
des différentes artères de la capitale. Mais pourquoi donc les
parisiens délaissent-il ce rendez-vous en ne venant qu'en petit nombre
encourager et applaudir ces fous du bitume?
Dommage. Les populations des autres villes organisatrices du monde n'agissent
pas ainsi. Le public est présent en masse le long des rues. C'est certainement
le pas qu'il reste à franchir à Paris pour égaler NewYork,
Londres ou Berlin.
Nous avons la plus belle ville du monde, reste à convaincre le parisien
qu'un dimanche matin par an, les boulevards et les avenues ne sont plus entre
les mains de la pollution automobile mais à l'air pur. Cela gêne
encore certains. Mais cela réjouit ceux qui courent.
PhA & GS