Les archives de L'Asphalte



L'Asphalte numéro 1, septembre 1994

 

Marathon de Paris

 

C'est le dimanche 19 Juillet ...1896 qu'eut lieu entre la Porte Maillot et ConflansSainte-1-lonorine le premier marathon de Paris. La petite histoire rapporte que le Britannique Len Hurst après avoir absorbé une orange pressée puis... une coupe de champagne vers le 30ème Km faussa compagnie à ses adversaires pour boucler en 2h31'30" les 40 Km d'une épreuve à laquelle avaient pris part 191 athlètes.
D'autres éditions eurent lieu dans les dix années suivantes et l'on relève encore en 1935 une liste de prix attribués aux dix meilleurs du marathon de Paris organisé par le journal l'Auto comprenant une motocyclette pour le vainqueur, une T.S.F., un phonographe, une jumelle, un stylo... La pratique du marathon dans la capitale ne date pas d'hier on le voit. II fallut toutefois attendre 1976 pour que l'avisé Raymond Lorre alors président. de la section athlétisme du stade Français et organisateur du meeting de Paris ne décide au retour d'un voyage à New York de relancer la spécialité dans la capitale.
Au fil des années, Paris est entrée dans la cour des grands de la course hors stade avec outre le marathon, un semi qui réunit fin mars quelques 8000 coureurs et aussi des grands classiques, tel que les 20 Km (le Paris et Paris-Versailles auxquels la ville ',apporte son soutien logistique.
Le 24 avril dernier, plus de 18 000 coureurs s'élançaient sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Elysées. Le parcours Suivait les rives de la Seine, passait par les Bois de Vincennes et de Boulogne. L'arrivée était jugée avenue Hoch.
18 000 coureurs, participation record pour cette dix-huitième édition. Parmi eux, Isabelle, seule représentante de l'ASCI ,France2 Athlétisme, qui allait boucler là son premier marathon. A sa précédente tentative à Orléans, l'année passée, elle avait. due abandonner, vaincue par le froid et. la blessure.
Cette fois, Isabelle va parcourir les dix premiers kilomètres jusqu'à Porte Dorée, sans soucis. Après un détour par le bois de Vincennes, elle atteindra sans problème le vingtième kilomètre à l'autre bout du boulevard Poniatowski. C'est au trentième kilomètre que le risque de défaillance va faire son apparition. Mais, un ravitaillement bien venu va chasser l'hypoglycémie dont elle allait être victime. Ainsi, toute rayonnante de joie, elle franchira, à l'arrivée, les derniers mètres qu'elle qualifiera être les plus beaux et les plus émouvants.
Dans les rues de Paris, le spectacle était superbe. Après le passage des élites, c'est une interminable marée humaine de joggeur et de déguisements sympathiques qui s'élançait à l'assaut des différentes artères de la capitale. Mais pourquoi donc les parisiens délaissent-il ce rendez-vous en ne venant qu'en petit nombre encourager et applaudir ces fous du bitume?
Dommage. Les populations des autres villes organisatrices du monde n'agissent pas ainsi. Le public est présent en masse le long des rues. C'est certainement le pas qu'il reste à franchir à Paris pour égaler NewYork, Londres ou Berlin.
Nous avons la plus belle ville du monde, reste à convaincre le parisien qu'un dimanche matin par an, les boulevards et les avenues ne sont plus entre les mains de la pollution automobile mais à l'air pur. Cela gêne encore certains. Mais cela réjouit ceux qui courent.

PhA & GS