Trempés jusqu'aux os, visages émaciés, le
kenyan Clément Kriprotich et le portugais Paulo Catarino ont mené
un train d'enfer sur un parcours épuisant, émaillé de montées
et de descentes. S'échappant au 7ème kilomètre, les deux
hommes n'allaient plus être rejoints jusqu'au stade Charléty, théâtre
d'une folle arrivée réglée au sprint et remportée
par Kriprotich en 1h 3' 22''.
La roumaine Adriana Barbu, médaillée de bronze aux
championnats d'Europe de marathon d'Helsinki, était visiblement trop
forte. Elle termine 29ème au général, remportant l'épreuve
féminine avec une facilité déconcertante en 1h 11' 51''.
Au sein de l'ASCE France2 Athlétisme, la course en tête va être haletante. Participaient à cette édition Gilles, Dominique, Eric, Philippe et Jean-Jacques. Corinne malade n'a pas pris le départ.
Gilles nous raconte:
" Nous étions tous ensemble au départ et nous avions décidé
de parcourir les premiers kilomètres ensemble. Dès le coup de
feu, Philippe, très affûté, démarre sur les chapeaux
de roue, se faufilant entre la foule en imprimant un rythme d'enfer. Personne
à France2 ne fut capable de suivre et le bandana jaune qu'il portait
à sa tête disparu avec lui dès le premier kilomètre.
Pour ma part, je restais avec Dominique et laissait filer Marc et Jean-Jacques, car pour un premier semi-Marathon, je ne souhaitais pas attaquer trop tôt. A ce moment de la course, Eric, était juste derrière Philippe. Avec Dominique, nous étions sur la base de 1h 45' sur les trois premiers kilomètres.
La condition de course s'améliorant avec le temps, le rythme venant, et les coureurs se dispersant, Dominique et moi commencions alors notre chasse, accélérant petit à petit notre cadence.
Au quatrième kilomètre, nous rejoignons Jean-Jacques et Marc qui nous accrochèrent sur un kilomètre. Au sixième, c'était au tour d'Eric à se faire reprendre. Mais cette fois, le rythme de croisière était trouvé et je n'avais plus qu'une idée en tête: aller chercher Philippe.
Au dixième kilomètre, Dominique me laissait seul partir à la chasse au bandana jaune. Oubliant la souffrance qui m'envahissait peu à peu, je n'avais qu'une seule pensée: où était-il ?
Au douzième kilomètre, j'étais descendu sur des base de 1h 30' et je me demandais à quelle vitesse devait courir Philippe pour être toujours devant moi. J'étais étonné de ne pas éprouver de coup de pompe et doublant sans cesse des concurrents, j'avais la certitude, qu'à un moment ou à un autre, le bandana jaune allait apparaître... comme une récompense.
Ce n'est qu'au seizième kilomètre que tout à coup, je l'aperçu. Sans changer de rythme, je le dépassa, espérant secrètement qu'il ne pourrait pas accrocher. La compétition entre nous était à son comble car on mettait tous les deux un point d'honneur à être le meilleur.
Philippe me laissa partir et j'eus jusqu'au dix-huitième kilomètre la force de conserver mon rythme. C'est alors que le pire arriva: le fameux coup de pompe, ajouté au vent contraire des grands boulevards et à une côte de plus d'un kilomètres, je vis des dizaines de concurrents me doubler à ce moment. J'étais cuit et je perdis de précieuses minutes dans les trois derniers kilomètres.
J'épiais attentivement chaque athlète qui me doublait, persuadé que plus la ligne d'arrivée approchait, plus il y avait de possibilité que Philippe me rattrape.
Mais non, J'ai franchi Charlety en 1h 33' 19 et à peine ai-je eu le temps de franchir la ligne, que Philippe entrait dans le stade pour finir vingt secondes derrière moi. Il était temps que ça s'arrête! "
A son tour Philippe nous explique:
" Dès le début j'ai maintenu ma vitesse de
croisière à 4'15, 4'30 au kilomètre. Et ce n'est qu'au
16ème kilomètre que Gilles pu enfin apercevoir son trésorier.
Lorsqu'il est arrivé à ma hauteur, je finissais de me ravitailler
d'une demie-banane. Voyant qu'il continuait sur sa lancée avec une allure
d'intimidation, je lui fit remarquer que la partie du parcours la plus éprouvante
restait à faire. Mais il garda son accélération. Je décidais
donc de garder mon rythme afin de négocier les derniers kilomètres
accidentés. En le regardant s'éloigner, je n'en regrettais pas
moins d'avoir jeté prudemment ma peau de banane entre les voitures quelques
hectomètres auparavant.
La fin de course fut bien difficile pour pas mal de concurrents que je doublais
dans la longue côte du boulevard Massena. Lorsqu'est apparu le panneau
du dernier kilomètre, j'ai accéléré pour faire le
meilleur temps possible. Je mettais toutes mes forces dans la dernière
montée à l'entrée du stade et si j'avais pu apercevoir
Gilles je serai allé le chercher. Je pense que la fin de course aurait
été marrante. Mais une soixantaine de coureurs nous séparaient,
Gilles était perdu dans le tas. Heureusement pour lui."
Derrière Gilles et Philippe, Dominique franchissait la ligne en 1h 37'
03'', suivit de Marc en 1h 39' 31'', Eric 1h 46' 34'' et Jean-Jacques en 1h
48' 39''.
PhA & GS