Dorénavant, l'Asphalte vous fera part d'une question qu'elle aura posée à deux athlètes du club. Aujourd'hui, Isabelle et Philippe répondent à cette question.
L'Asphalte: Quels sont vos meilleurs souvenirs à propos d'événements sportifs?
Isabelle: Le sport étant une source inépuisable d'émotions fortes, il est difficile de faire un choix. De nombreux événements sportifs m'ont marqué. Alors sans parler d'un événement particulier, il vient à l'esprit la carrière d'une sportive de haut niveau qui m'impressionne à chacune de ses prestations. Il s'agit de Catherine Destivelle. Elle pratique l'escalade à très haut niveau, mais aussi l'alpinisme. Cette discipline est fascinante car elle demande des qualités physiques et morales exceptionnelles: le courage et surtout la sagesse face à cette montagne si rude et meurtrière mais aussi si mystérieuse. Catherine est parmi les meilleurs alpinistes hommes-femmes confondus. Chacune de ces ascensions est un événement, un exploit. Je n'en citerais que quelques uns: L'Eiger, les Grandes Jorasses, le Cervin par la voie Bonatti et plein d'autres voies mythiques.
L'Asphalte: D'autres événements sportifs te viennent à l'esprit ?
Isabelle: Oui, la
Route de Rhum en 91 remportée par Florence Arthaud, les Jeux Olympiques
de Los Angeles en 84, découvrant une gymnaste géniale, Marie Lou
Rethon. Roland-Garros a été aussi pour moi le théâtre
de grandes émotions durant de longues années, surtout en 1993
avec la victoire de Noah. Et quelle victoire! Je regrette aujourd'hui ces joueurs
qui prenaient du plaisir sur le court, tels que Connors, McEnroe, Noah. Je trouve
que le tennis d'aujourd'hui est terriblement morose, les joueurs ne semblent
plus vraiment s'amuser. Il rentre sur le court pour gagner. Leur plaisir de
jouer n'apparaît pas sur leurs visages. Sampras malgré ses qualités
exceptionnelles de jeu est ennuyeux à mourir. Aucune émotion ne
transparaît et c'est vraiment dommage. Ce qui n'est pas le cas dans l'athlétisme,
où, à l'arrivée d'un marathon, il est difficile pour celui
qui passe la ligne de ne pas exploser de joie.
L'Asphalte: Philippe, quels sont tes plus grands souvenirs sportifs?
Philippe: Il y a trois événements qui m'ont enthousiasmé au plus haut point et dont je garde un souvenir incomparable. C'est d'abord le cinquième titre de Björn Borg à Wimbledon en 1980 et le légendaire tie-break de la quatrième manche face à John McEnroe. J'étais tellement un inconditionnel du suédois à cette époque et mon excitation était tel que le soir même j'ai eu du mal à m'endormir. Une grande émotion aussi durant la finale de Roland-Garros 83, remportée par Yannick Noah. Cette fois, il n'y a pas eu de suspens au niveau du score mais c'est tous ce qui a suivi après la balle de match qui a été un moment fort. Une victoire française était tellement inespérée. Même chose pendant cet historique week-end de la finale de la Coupe Davis en 91. Ce fut aussi un moment inoubliable. Ces débordements de joie sont la rançon de la victoire tant attendue.
L'Asphalte: Pas un seul exploit du domaine de l'athlétisme?
Philippe: Non. Mon
sport numéro 1 a été depuis très longtemps le tennis.
Je ne suis avec intérêt l'athlétisme que depuis un an environ.
En fait, depuis que je coure. Avant, je trouvais ça un peu chiant à
regarder à la télé. Maintenant, je ne rate pas un exploit
de Marie-jo Perec ou de Linford Christie.
PhA.