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L'Asphalte Magazine numéro 1, novembre 1996

 

Quand il est sport le poète

 

 

Je courais près du bois comme à mon habitude
Je réglais ma vitesse, soignais mon attitude
Quand deux filles enjouées s'approchent à ma hauteur
Je les distingue embuées enrobées de sueur
Je perçois leurs sourires qu'elles m'adressent ensemble
Et dessous leurs maillots leurs poitrines qui tremblent
Devant le spectacle de leurs formes attirantes
Mon cardiofréquencemètre vigoureusement augmente
Par cette situation je me sens pousser des ailes
Et je décide un moment de trottiner avec elles
Nous parlons du beau temps de la pluie et du reste
Des bienfaits que font naître les balades pédestres
Déjà ces petiotes n'offrent plus de résistance
Il reste à montrer mon talent d'endurance
Je propose aux gazelles pour terminer la séance
De venir prendre un verre mais sans trop d'espérance
J'habite à deux pas, les deux pas sont négligeables
Pour des jambes habituées aux courses interminables
A ma grande satisfaction toutes deux acceptèrent
Et nous nous retrouvons chez moi pour prendre un verre
Elles avaient ces mignonnes la conversation facile
Le sourire amical et le coup d'oeil subtil
Elles n'avaient rien à voir avec ces chiantes sans cerveau
Du genre qui ne vont voir que les films en VO.
Pour le moment j'abandonne mes pensées misogynes
Car l'affaire est conclue, elles se sont mises au Gin.
La soirée s'allongea de moments exemplaires
D'un sport au corps à corps à double partenaire

Moralité:
Notre corps a besoin de toujours s'entretenir
Un conseil pour cela est qu'il vaut mieux courir

Paris, 1994.

 

PhA